L'eau, une ressource fragilisée

L'eau est fragile et sensible aux impacts du développement urbain et économique. Surconsommation et pollution constituent aujourd'hui les plus grandes menaces pour une préservation durable de cette ressource.

3. Des conséquences dramatiques

Sanitaires et sociales

Si la tendance actuelle à l'augmentation des prélèvements en eau se poursuit, entre la moitié et les deux tiers de l'humanité devraient être en situation de stress hydrique en 2025 (soit moins de 1 700 m3 d'eau douce disponible par habitant et par an). Or un pays qui manque d'eau ne peut pas nourrir sa population et se développer. La consommation en eau est d'ailleurs un indicateur de développement économique.

Si l'eau est indispensable à la vie, elle véhicule aussi bon nombre de micro-organismes, bactéries, parasites et virus en tous genres. Ces derniers abondent dans les eaux souillées ou les eaux stagnantes des champs irrigués, et sont responsables de maladies telles que la fièvre typhoïde, le choléra, la bilharziose, le paludisme…
Ces épidémies souvent mortelles sont fréquentes dans les pays trop pauvres pour faire les investissements indispensables au traitement des eaux usées, à la fabrication d'eau potable, à l'installation de sanitaires septiques et au développement d'infrastructures médicales.
Dans le monde, 1 personne sur 2 n'a pas accès à un réseau d'assainissement.

Les pays industrialisés ne sont pas en reste. Dans certains pays, la pollution de l'eau (bactéries, nitrates, pesticides, métaux lourds) est telle que la qualité de l'eau potable s'en ressent, allant parfois jusqu'à ne plus respecter les normes en vigueur. Les effets à long terme sur l'organisme de ces substances régulièrement ingérées par la population sont encore mal connus.

En savoir plus sur la qualité de l'eau distribuée par le SEDIF

Environnementales

Un cours d'eau, un lac, une zone littorale abritent des espèces vivantes qui interagissent entre elles et consomment les aliments fournis par le milieu (eau, sol, atmosphère) pour se développer. L'équilibre de ces écosystèmes dépend donc des conditions de vie.

Aujourd'hui, rares sont les régions du monde encore épargnées par la pollution, avec des conséquences directes sur ces équilibres fragiles et sur la préservation de la biodiversité.

60 % de la population mondiale vit le long des côtes, dont les rejets perturbent profondément les milieux côtiers et marins. On estime qu'aujourd'hui dans le monde, environ 20 % des espèces aquatiques ont disparu au cours des dernières années ou sont menacées d'extinction.

Bien qu'alimentées uniquement par infiltration, les nappes phréatiques sont aussi victimes des polluants. S'ils peuvent mettre longtemps à les atteindre, ils peuvent en revanche y demeurer des dizaines années.

Certains milieux aquatiques subissent aussi des perturbations physiques, avec des impacts sur la qualité de l'eau : prélèvements à outrance entraînant un épuisement de la ressource (comme la mer d'Aral par exemple) et construction de barrages.

Géopolitiques

Plus de 40 % de la population mondiale est établie dans des zones fluviales transfrontalières. Du fait de sa rareté, la question du partage de l'eau pose problème et pourrait favoriser la multiplication de tensions et conflits dans les années qui viennent.

Aujourd'hui déjà, les contentieux à propos de l'eau sont nombreux en Afrique, au Proche-Orient, en Amérique Centrale… Par exemple l'Égypte, tributaire du Nil pour ses ressources en eau, doit les partager avec dix autres États du bassin. La Turquie, où le Tigre et l'Euphrate prennent leur source, dispose ainsi d'un fort moyen de pression sur l'Irak et la Syrie.

De façon plus optimiste, certains experts pensent qu'une gestion commune de l'eau peut être un facteur de pacification.

Activités à télécharger

  • Cons’EAU
  • De l’EAU et des usages
  • Les m’EAU mélés
Dossier3 - Fiche2 - image

Bon à savoir

Et dans la seine ?

Barbeau, sandre, ablette, gardon, goujon, truite de mer, saumon… : on recense 32 espèces de poissons dans la Seine en 2009, contre 3 en 1970. Le retour récent du saumon, très sensible à la pollution, indique que la qualité de l'eau de la Seine est en constante amélioration et que les efforts pour diminuer la pollution portent leurs fruits.